Mardi 8 octobre 2013 2 08 /10 /Oct /2013 09:18

Par Guillaume LANGLAIS

enfantsCertains enseignants trouveront-ils leur classe vide le mercredi 13 novembre ? En appelant à un «boycott national» de cette demi-journée instaurée par le décret Peillon, des collectifs de parents veulent faire entendre leur voix sur le dossier des rythmes scolaires. Après des professeurs et des animateurs qui ont eu recours à la grève, des élus qui ont fait connaître leurs revendications ­financières - ils rencontreront Jean-Marc Ayrault le 9 octobre -, les parents font leur entrée officielle sur la scène contestataire. Et le mouvement dépasse largement les deux grandes fédérations.

Sur sa page Facebook récemment créée sous le nom «Non aux nouveaux rythmes scolaires», l'Association des parents d'élèves (APE) de Passy Chernoviz, le plus important groupe scolaire de Paris (840 enfants), dans le XVIe arrondissement, reprend cet appel au boycott. Depuis le 2 octobre, elle revendique 74.335 visites et 120 «J'aime»… «Cette réforme est très largement critiquée», explique Isabelle Nizard, active présidente de l'APE, qui a mené sa propre enquête (354 questionnaires traités) et livre des résultats dans l'air du temps.

À 80 %, les parents estiment que les enfants sont «plus fatigués» en fin de semaine. Seuls 10 % considèrent que la mise en place des nouveaux rythmes est propice à «une meilleure réussite». Ils s'inquiètent de l'adéquation avec le projet pédagogique (64 %) et de la sécurité (57 %). Dans ces conditions, 55 % seraient prêts à «ne pas mettre leurs enfants à l'école le mercredi» et 32 % à mener une autre action telle que ma­nifestation ou pétition (53 % n'ont pas d'opinion sur la question). «Beaucoup de parents évoquent également l'enseignement privé comme alternative», explique la présidente de l'association, qui entend bien poursuivre la mobilisation visant à reporter la réforme. D'autant qu'elle a été contactée par des «élus de tout bord». «En juin, nous étions un peu seuls, mais à l'approche des municipales les soutiens se font plus nombreux», constate-t-elle…

À Aubervilliers, agité la semaine dernière par une grève des professeurs, soutenus par les parents, le maire PS, Jacques Salvator, est resté «sourd» aux revendications. Mais d'autres élus sont plus attentifs à cette grogne. Élisabeth Guigou, députée de la 6e circonscription de Seine-Saint-Denis (Aubervilliers, Pantin), rencontre ainsi mardi les représentants de la FCPE, première fédération de parents.

«Animateurs en nombre insuffisants, problème de locaux, manque d'information aux familles… Il y a localement des problèmes à régler. Et si nous n'y parvenons pas, il faudra reporter», lâche Nadia de Almeida, présidente de la FCPE Aubervilliers. Et d'évoquer le cas de ce regroupement pédagogique intercommunal dans l'Oise (villes de Crillon, Haucourt, Vrocourt et Martincourt), qui après quinze jours aux nouveaux rythmes, a finalement jeté l'éponge, la direction académique du département estimant que le regroupement n'avait pas respecté ses engagements du printemps. Ce cas, scruté par de nombreux parents, restera-t-il isolé?

Dans un tel contexte, la FCPE, soutien indéfectible à la réforme des rythmes, entend réagir au niveau national. La semaine dernière, alors que François Hollande convoquait les ministres concernés à l'Élysée, la fédération a décidé de passer à l'action. Les 9 et 10 octobre prochains, elle organise «24 heures de mobilisation pour les rythmes». «Nous partirons à la rencontre des acteurs sur le terrain et ferons remonter ces témoignages», explique Paul Raoult, son président, un rien agacé par «les discours politiques et la tempête médiatique» autour du sujet. «Nous avons donc choisi d'agir, pas de mettre en avant des sondages bidons», lâche-t-il. Un message à l'adresse de la Peep?

La seconde fédération de parents vient de mener une «enquête qualitative» auprès de ces derniers. Elle pointe des enfants fatigués (pour 88 % des sondés), des activités périscolaires insatisfaisantes (62 %) et une vie familiale perturbées (53 %). Les sondages se suivent et se ressemblent.

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