Le président de l'UDF François Bayrou a annoncé dimanche sur TF1 qu'il votera la motion de censure du gouvernement que les socialistes défendront mardi à l'Assemblée nationale sur fond d'affaire Clearstream."J'ai décidé de voter la motion de censure", a-t-il déclaré, expliquant qu'il s'agissait pour lui d'un "acte d'opposant au déclin de la France".
"La question qui se pose (...) est celle-ci: Est-ce que ça peut durer encore un an comme ça", a-t-il déclaré. "Ce qui ne peut pas durer, c'est au sein du gouvernement, ce noeud de haine que l'on voit entre les principaux responsables de l'Etat et la mise au service de cette haine de ce que l'Etat a de plus sensible, les services secrets", a-t-il ajouté.
La motion de censure déposée par le PS, qui dénonce "l'implication de l'exécutif dans la ténébreuse affaire Clearstream", n'a aucune chance de passer mardi, car l'UMP détient la majorité absolue avec 354 élus et 10 apparentés, sur un total de 577 députés. L'UDF compte 27 députés et 3 apparentés.
"La question c'est, qui peut l'arrêter ? Qui peut faire que cette déliquescence, que cet effondrement de l'Etat cesse ?", a ajouté M. Bayrou, affirmant qu'en France deux autorités peuvent le faire, le président de la République et l'Assemblée nationale.
"Les députés peuvent, en leur âme et conscience, personnellement, sans avoir à obéir à aucun ordre" le faire, a-t-il expliqué.
Il a précisé "souhaiter" que le groupe UDF vote la motion de censure, "même si un grand nombre (de députés UDF, NDLR) hésite à sauter ce pas". Mais selon lui, il n'existe "aucun risque de division" du groupe UDF sur cette question.
"Tous les Français, de gauche, du centre et de droite, veulent que ça s'arrête. Il y a un moyen simple que cela s'arrête, c'est que chacun prenne ses responsabilités et que mardi, on décide, comme le dit la Constitution, de mettre en cause la responsabilité du gouvernement par une motion de censure", a-t-il ajouté.

"Cet effondrement, cette glissade, cette dérive de la France, il faut l'interrompre et c'est le message que nous aurons mardi", a-t-il conclu.
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