Son programme économique, François Bayrou l'appelle « social-économie ». Pour lui, les deux termes ne peuvent être dissociés : « Social et économie doivent désormais se dire et se penser en un seul mot », a-t-il affirmé, hier, au cours d'une conférence de presse dans un grand hôtel parisien.
Le candidat de l'UDF avait avec lui notamment Jean Peyrelevade, ancien collaborateur de Pierre Mauroy et ancien président du Crédit Lyonnais ; l'économiste Christian Saint-Étienne ; le sénateur Jean Arthuis (Mayenne) ; le député Charles de Courson, qui l'ont aidé à mettre au point son projet.
21 milliards compensés par autant d'économies
« Le projet de la social-économie répond à une exigence, a déclaré le candidat, celle de la vérité, et un objectif : retrouver l'équilibre de nos finances publiques. » Il fait de la lutte contre la dette un « combat social » et veut faire de la France « un pays pro-entreprise et pro- recherche ».
François Bayrou a évalué le coût de ce projet à 21 milliards d'euros (beaucoup moins que ceux du PS et de l'UMP), entièrement compensés par autant d'économies. Celles-ci seront trouvées dans quatre domaines : la réduction des exonérations de charges, le plafonnement des niches fiscales, les économies liées à la modernisation de l'État et celles provenant des collectivités locales. En se basant sur une croissance annuelle de 2 %, il espère parvenir à l'équilibre au bout de trois ans.
Son programme a suscité les critiques des socialistes, qui le qualifient, par la bouche de Michel Sapin, secrétaire national à l'économie, de « libéral et droitier ». Il y voit même un « plagiat » de celui de Nicolas Sarkozy. « On ne voit pas comment, a déclaré Vincent Peillon, porte-parole de Ségolène Royal, en ne remettant pas en cause les avantages fiscaux aux plus aisés, en défendant la loi Fillon sur les retraites et en proposant de faciliter les heures supplémentaires, François Bayrou peut encore espérer faire illusion et obtenir le vote des électeurs de gauche ».
François Bayrou veut faire de la France « un pays pro-entreprise et pro-recherche ».
Paru dans l'édition d'Ouest-France du samedi 24 février 2007
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