Victimes et familles de victimes entendent obtenir gain de cause.
Les élus de la Côte fleurie se mobilisent pour soutenir les anciens de Tréfimétaux, à Dives-sur-Mer. Ils veulent que l'usine soit classée site amiante.
"C'est une hécatombe pour notre ville. Il faut que Tréfimétaux soit classé site amiante pour que les salariés bénéficient d'une retraite anticipée", lance Pierre Mouraret, maire adjoint de Dives-sur-Mer et vice-président du conseil régional de Basse-Normandie. "Ces souffrances sont inacceptables. Tous les services départementaux sont unanimes dans leurs constats. Comment un ministre peut s'y opposer ? L'Etat était l'employeur, il doit payer", appuie Olivier Colin, conseiller général de Dozulé et vice-président du conseil général du Calvados.
"Si l'Etat ne respecte pas les décisions de justice qui va les respecter", ajoute Philippe Augier, maire de Deauville qui invite "les élus municipaux, généraux, régionaux, députés et sénateurs" signer une lettre puis d'aller rencontrer le ministre. Nous sommes tous solidaires de ce combat". "Nous allons mettre des cars à la disposition des Divais pour aller au ministère. Il faut frapper fort", insiste Francis Giffard, maire de Dives.
Constitution d'un front républicain
Lundi soir, le collectif amiante, qui milite pour que l'ancienne usine Tréfimétaux, de Dives-sur-Mer soit classée site amiante, a vu les politiques de tout bord constituer une sorte de front républicain pour les défendre. Devant les veuves, orphelins et malades de l'amiante, ces élus de la Côte fleurie se sont mis d'accord pour qu'aboutisse, avant les échéances électorales à venir, à l'inscription de "l'établissement Tréfimétaux sur la liste des établissements ouvrant le droit au dispositif de cessation d'activité des travailleurs de l'amiante".
Pendant un siècle Tréfimétaux, spécialisée dans la transformation du cuivre, a fait vivre la ville de Dives-sur-Mer. En 1986, l'usine ferme. Un rapport de la Caisse régionale d'assurance maladie, en 2004, fait état "d'une utilisation à outrance de l'amiante depuis un siècle dans tous les ateliers, labo et bureaux". Entre-temps, "une évolution importante des victimes entre mars et décembre 2006 passant de 72 à 107, et six nouveaux décès �, rappelle Jean-Pierre Rocard, président du collectif.
Depuis s'est engagée une bataille juridique. Le dernier acte date de décembre 2006. Le tribunal administratif de Caen a "de nouveau enjoint au ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement de statuer sur la demande tendant à l'inscription de l'établissement Tréfimétaux". Face au silence du représentant de l'Etat, le collectif s'interroge sur la conduite du ministre. "Va-t-il continuer à bafouer le droit des victimes et les demandes des tribunaux en désavouant les enquêtes favorables de ses services sur le terrain" � s'interroge le collectif.
(Source OF du 24 janvier 2007)
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