Après la débâcle du PCF à la présidentielle, partiellement compensée par une bonne résistance aux législatives, Marie-George Buffet ouvrira vendredi
lors d'un Conseil national le débat interne sur les causes de l'échec que les différentes tendances imputent à la direction.
La réunion de deux jours des 250 membres du Conseil national (parlement du parti) débutera par un rapport de la secrétaire nationale qui va tirer le bilan des
séquences électorales en vue du Congrès extraordinaire du parti en décembre, dont la tenue a été décidée après la déroute à la présidentielle (1,93%).
"Le soulagement après la bonne résistance aux législatives" -le PCF s'en sort avec 15 députés plus des apparentés- "ne doit pas nous amener à repousser les
questionnements sur l'avenir de la gauche et celui du PCF", a souligné jeudi Olivier Dartigolles, porte-parole du parti.
Il s'agit d'abord d'analyser, selon lui, "l'état réel de la société". "Sarkozy a marqué des points en évoquant +travaillez plus pour gagner plus+ alors que notre
proposition d'une hausse du SMIC à 1.500 euros n'a pas été reçue comme crédible et susceptible d'ouvrir une perspective de changement", note Olivier Dartigolles.
Ségolène Royal elle-même a jugé mercredi "pas crédible" la revendication sur le SMIC, contenue également dans le projet du PS.
Les raisons de l'échec de la gauche et du PCF, dont la stratégie d'alliance antilibérale a explosé, doit être au coeur des débats.
En revanche, la direction entend reporter au Congrès ordinaire de fin 2008 la question du changement de direction. Marie George Buffet, qui un temps avait donné
l'impression de vouloir passer le témoin dès cette année, pense désormais rester à la tête du parti jusqu'en 2008.
Imputant l'échec à la direction, les différentes tendances multiplient critiques et propositions.
Ainsi, restés jusque-là dans l'ombre, des amis de Robert Hue ont publié un texte cette semaine pour réclamer la formation d'une "direction pluraliste" à l'issue du
congrès extraordinaire. Ils proposent la constitution d'un "nouveau parti" qui maintiendrait la référence au communisme en changeant éventuellement de nom.
Leur initiative n'a pas l'aval de Robert Hue qui se cantonne dans le silence après avoir, dans l'entre deux tours de la présidentielle, mis en cause la "stratégie"
d'alliance antilibérale de Marie-George Buffet.
Les "hueistes" semblent aujourd'hui divisés. Un autre proche du sénateur, Jean-Claude Gayssot, s'est rapproché de l'aile gauche du parti socialiste, dans le cadre du
club de réflexion "Gauche Avenir".
De son côté, fort du succès des parlementaires, André Gerin, député du Rhône et chef de file du courant orthodoxe, se fait l'avocat d'un retour à l'identité
communiste. Il entend "faire acte de candidature" pour briguer la succession de Mme Buffet.
Quant aux "refondateurs", partisans d'une ouverture à d'autres courants, ils jugent prématurée la tenue d'un Congrès extraordinaire en décembre qui risque d'aboutir à
un "repli" du parti.
Les divisions à l'intérieur du parti se reflètent à l'Assemblée. Alors qu'Alain Bocquet, président du groupe communiste dans l'Assemblée sortante, a réclamé la baisse
du seuil de députés pour former un groupe (actuellement de 20) en vue de constituer un groupe communiste, François Asensi (Seine-Saint-Denis) plaide pour un groupe avec d'autres députes de gauche
dont les Verts.
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