Deux villes de Seine-Saint-Denis ont instauré la gratuité de la cantine à l'école primaire, initiative inédite alors que de plus en plus de familles pauvres ne peuvent plus assurer les frais de restauration pour leurs enfants scolarisés. Pourquoi pas une telle initaitive à Dives-sur-Mer ? A chiffrer.
Les maires UDF de Drancy et du Bourget (Seine-Saint-Denis) ont annoncé jeudi la gratuité de la cantine dans leurs écoles primaires à compter de lundi, jour de la rentrée des vacances de Noël, une "mesure sociale juste" selon les édiles.
"Jusqu'à présent il existait des tarifs différenciés selon le quotient familial, qui va jusqu'à la gratuité dans certains cas. Mais certaines villes sont revenues sur ce principe, préférant la notion de franc symbolique (0,15€ par repas et par enfant), mettant en avant la notion de dignité humaine", explique Christian Hébert, président de l'Association nationale des directeurs de restauration municipale (ANDRM).
Le reste "revient à la charge de la collectivité et des contribuables dans le cadre d'une justice redistributive, d'une équité sociale et d'une solidarité inter générationnelle", ajoute le président de l'ANDRM.
Cette décision "sociale juste" des deux maires a été applaudie par l'Unicef jeudi. L'organisation internationale milite depuis plusieurs années pour un accès égal des enfants à la cantine.
"Nous avons recensé que deux à trois élèves par école restent sur le carreau et ne vont pas à la cantine, cela fait beaucoup lorsque l'on sait qu'il y a 56.000 écoles en France!", souligne Laurence Hintzy, chargée des questions d'accès à la cantine à l'Unicef.
Elle rappelle qu'"un million d'enfants vivent sous le seuil de pauvreté en France".
L'Unicef plaide pour un aménagement des quotients familiaux de sorte que les familles démunies paient moins voire rien du tout pour la cantine, quitte à ce qu'elle demeure payante pour les familles ayant des revenus suffisants.
Selon Jean-Jacques Hazan, administrateur à la FCPE et à l'ANDRM, et directeur de restauration scolaire dans le 12e arrondissement de Paris, "il existe de très grandes variétés de quotients et de tarifs selon les écoles".
Ainsi, dans son arrondissement, il existe huit tranches tarifaires (de 15 centimes à 3,95 euros par repas) gérées par la caisse des écoles tandis qu'à Rennes il existe par exemple une vingtaine de tranches.
A Drancy et au Bourget les tarifs allaient jusqu'ici de 0,50 centimes à 3,22 euros à Drancy (73 % des familles payant le tarif maximum) et de 0,90 centimes à 3,80 euros au Bourget.
Ces mairies font savoir que la gratuité des cantines coûtera globalement 1,1 million d'euros aux deux villes mais elles soulignent qu'à côté de ce manque à gagner des économies seront dégagées, pour 600.000 euros. La fin des facturations et frais administratifs, par exemple, permettra à Drancy d'économiser 100.000 euros et au Bourget 30.000 euros.
"Nous créons un droit à un repas équilibré, quotidien et gratuit", a plaidé le maire du Bourget (12.000 habitants), Vincent Capo-Canellas.
Cette mesure, qui concerne quelque 3.000 enfants, est une "mesure sociale juste", a fait valoir Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy, qui juge "faussement social" le système basé sur les quotients familiaux.
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