François Bayrou a poursuivi en Auvergne sa campagne de terrain en vue d'une présidentielle dont il espère plus que jamais être la surprise.
Le président de l'UDF le dit dès l'aéroport, dans un aparté à des journalistes ayant pris avec lui le vol Air France pour Clermont : "Tout se passe exactement comme je l'avais prévu".
Phrase sybilline s'il en est : parle-t-il du "trou d'air" de Ségolène Royal, du sondage qui le place en troisième position des candidats faisant la meilleure campagne ou de celui qui dit qu'un tiers seulement des Français souhaite un deuxième tour entre Nicolas Sarkozy et sa rivale socialiste ?
Crédité de 6 à 12% selon les enquêtes d'opinion, le candidat de l'UDF dans la course à l'Elysée laboure la France et croit en sa chance : il sera "la surprise" en 2007.
"(Le président du Front national Jean-Marie) Le Pen c'était la surprise de la dernière fois. Il y aura cette fois-ci une autre surprise", martelait-il encore vendredi sur la place de Jaude, au coeur de la capitale auvergnate.
Pour ce faire, l'élu béarnais qui aura 56 ans en mai prochain cultive sa différence en menant une campagne quasi exclusivement en régions, de la Bretagne à la Savoie, de Lille à Montpellier, d'écoles en hôpitaux, de maisons de retraite en marchés. Après une réunion publique vendredi soir à la Grande Halle d'Auvergne, il sera dimanche à Nice, jeudi à Orléans.
En vieux routard de la politique - il a été élu pour la première fois au conseil général des Pyrénées-Atlantiques en 1982 -, François Bayrou pense à tout : saluer l'hôtesse en entrant dans l'avion - "ça souffle encore dehors ?" - , accepter un café après chaque visite, faire ses interviews pour les caméras en extérieur "car la lumière est plus belle".
Il se déplace en petit comité, accompagné d'un garde du corps souriant, d'une petite équipe de collaborateurs et de quelques élus locaux.
"JE NE FAIS PAS DE PROMESSE"
Ce vendredi, l'ancien ministre de l'Education nationale a entamé la journée dans les locaux de l'association Pharmaciens sans frontières (PSF), créée en 1985 par des Clermontois.
Assis à une table, il écoute, prend des notes et questionne : "Peut-on faire le point sur les médicaments génériques ? Quelle stratégie adopter ?"
Une attitude qui séduit Michel Camus, l'un des fondateurs de PSF. "Il est proche de tout le monde. Son engagement, ce matin, sa démarche, j'apprécie énormément", dit cet homme qui vote "à gauche depuis tout le temps". Pour lui, pas de doute : le second tour se jouera entre Bayrou et Sarkozy "et à ce moment-là", il n'y aura pas photo".
De passage dans un centre d'accueil pour sans-abri, François Bayrou discute avec le directeur, mais aussi avec les marginaux. "Quels sont vos idées ?", lui demande l'un d'eux. "Je suis quelqu'un du centre", résume-t-il.
"Les discours, on a marre, on veut du concret", lui lance un autre avec un peu d'agressivité. "Le concret, c'est que je suis là, avec vous", répond le candidat. "Je ne fais pas de promesse pour l'instant, je vous écoute".
Le déjeuner avec des journalistes locaux se transforme en longue conférence de presse : François Bayrou répond à tous, micro en main, et ne mange rien.
Pour rejoindre la maison de retraite qu'il doit visiter dans l'après-midi, il prend le tramway flambant neuf sous le regard amusé des passagers. "Bayrou, il a l'air bien, Sarko on l'aurait défoncé !", lance un jeune. Sollicité par un journaliste, un autre adolescent déclare : "On ne sait pas trop de quel côté il est. A priori, plutôt à droite".
"Il est bien, il est normal, c'est un homme comme les autres, c'est ce qu'il faut", estime Izzet, 16 ans.
Candidat de terrain, François Bayrou n'oublie pour autant la presse nationale et se plie volontiers au jeu du long portrait intime dans les rues de Clermont-Ferrand, à la nuit tombée, devant les caméras de France 2.
Bayrou dit vouloir donner la parole aux "sans-pouvoir" 
En meeting vendredi soir près de Clermont-Ferrand, François Bayrou s'est posé en défenseur de la France des "sans-pouvoir", qui ne retrouve pas dans les élites.
"Il y a un tiers-Etat contemporain, il y a deux France", a déclaré le candidat de l'UDF à la présidentielle devant un millier de personnes réunies à la Grande Halle d'Auvergne.
"La France des puissants ne parle pas la même langue que la France des sans pouvoirs et la France des sans-pouvoir a l'impression que personne ne la représente dans le monde des puissants", a-t-il déclaré devant un millier de personnes réunies à la Grande halle d'Auvergne.
"Il faut faire une campagne au nom et en compagnie de ceux qui n'ont pas le pouvoir", a insisté l'élu béarnais.
A ses yeux, le pays est partagé en deux camps. L'un, fort de quelque 100.000 personnes, est composé de "familiers du pouvoir politique, économique ou médiatique (...) qui ont des réseaux, des amitiés, des appuis et se reconnaissent dans ce qu'ils voient dans les écrans de télévision". Quant aux 63,4 millions d'autres, ils ne se "retrouvent pas dans la manière dont fonctionne la France officielle".
Le président de l'UDF s'exprimait au terme d'une journée de campagne à Clermont-Ferrand, où il a visité le siège de l'organisation Pharmaciens sans frontières, un accueil de jour de sans-abri et une maison de retraite.
François Bayrou a prononcé son discours à fort caractère social et largement improvisé devant une tenture marquée de son slogan de campagne : "La France de toutes nos forces. Il était entouré d'élus locaux, dont Michel Fanget, conseiller municipal UDF et prétendant à la mairie de Clermont-Ferrand.
François Bayrou a promis de ne pas faire trop de promesses de campagne, jugeant coûteuses et irréalistes ceux de ses adversaires dans la course à l'Elysée.
"J"écoute les discours de mes camarades et rivaux. Pas un jour sans qu'ils dépensent des centaines de millions d'euros par les promesses électorales qu'ils font", a-t-il déploré.
"C'est dangereux et ce n'est pas dire au pays la vérité", a ajouté le député des Pyrénées-Atlantiques, qui veut donner priorité à la gestion de l'"écrasante" dette publique française.
"LA DETTE VA NOUS EMPOISONNER LA VIE"
Cette dette "va nous empoisonner la vie pendant des années si on n'a pas le courage de l'alléger ou en tout cas de la rééquilibrer", a-t-il prévenu avant de dénoncer les 35 heures, "l'une des décisions politiques les plus incompréhensibles".
"On nous avait dit vous aurez les 35 heures payées 39. Et bien mes amis, vous avez les 35 heures payées 35", a-t-il lancé sous les applaudissements.
L'ancien ministre de l'Education nationale a demandé que l'enseignement soit "la priorité des priorités des priorités de la Nation".
Ses autres propositions incluent le droit pour toutes les entreprises de créer deux emplois nouveaux sans charge et la fourniture d'un emploi d'intérêt général aux personnes touchant les minima sociaux.
S'il est élu, François Bayrou a promis de former un gouvernement rassemblant "des compétences venus des deux bords", chargé de mener "une politique de rassemblement au service du redressement national".
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Le Parlement a voté définitivement jeudi le texte qui rend obligatoire la parité hommes-femmes dans les exécutifs des régions et des communes de plus de 3.500 habitants, et renforce les sanctions financières pour les partis ne respectant pas la parité aux législatives. 

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